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///Perspective aérienne.





///Le projet.

Sur l’une des maisons caractéristiques du paysage sarthois, une surélévation est à créer. Le cahier des charges est exigeant. Les coûts financiers devront être minimisés; l’objet devra être léger, évolutif, et adaptable. Plus qu’un espace répondant seulement à des besoins de capacité et d’usages, cette micro architecture devra aussi éveiller la curiosité. L’objet devra optimiser, étonner, faire rêver.

Un projet d’extension doit être l'occasion de renouveler notre regard sur l'ordinaire, sur l’espace domestique. Il doit aussi être l’objet d’une réflexion sur l’optimisation de l’espace non pas seulement en terme de surface mais également en volume. Agrandir, c’est aussi offrir de nouvelles perspectives sur l’espace dont l’on dispose déjà. Spatialement, notre projet répond donc à trois objectifs : rendre habitable une partie de la surface existante sous comble, créer un nouvel espace pour adapter le logement à de nous nouveaux usages et enfin permettre d’entrevoir autrement un espace déjà familier.

Ce projet de surélévation pose inévitablement la question du rapport à la toiture à deux pentes caractéristique de la région. Faut-il la supprimer pour mieux s’exonérer de ses contraintes ? La surélever pour mieux les repousser ? Ou l’adapter ? A l’heure où il s’agit de privilégier le recyclage des matériaux et la minimisation des coûts financiers, la préservation de la charpente existante est rapidement devenue une évidence. Mieux, la « Demoiselle Assise » y prendra appui pour s’élever vers le ciel.

Afin d’offrir la plus grande adaptabilité et évolutivité, le module est conçu dans le respect de la trame structurelle de la charpente existante. Chaque extension sera combinée et assemblée au gré des envies, des besoins et des capacités financières de chacun. A partir d’un même élément préfabriqué, les habitants composeront leurs espaces à la façon d’un « Tangram » habité.

A l’échelle du « coin en plus », la partie haute de l’extension sera un lieu à part, en suspend, ouvert vers l’horizon et propice à la « récréation joyeuse ». Il s’agit ici d’oser la verticalité pour habiter les espaces interstitiels dans leur hauteur et les redécouvrir autrement. Les mezzanines de chacune des chambres de l’étage pourraient par exemple y être aménagées libérant ainsi l’ensemble de la surface sous comble pour d’autres activités. Positionnés en vis-à-vis, une terrasse partagée serait prévue sur le toit. Ces extensions sont aussi propices au repli sur soi. De multiples usages pourraient très bien y trouver leur place: studio de musique, laboratoire photo, atelier d’artiste, observatoire céleste, etc. Et pourquoi pas une bibliothèque murale le long de plusieurs modules alignés en enfilade ?

Le choix structurel permet d’assurer une mise en œuvre simple et économique. Entièrement préfabriquée en atelier afin de limiter le temps d’intervention sur place et les nuisances pour les habitants, l’installation de l’extension est prévue en trois temps. Les ardoises, liteaux et chevrons de la zone concernée seront d’abord démontés pour être ensuite éventuellement réutilisés (mezzanine, étagères, bureaux, etc.). A la manière d’un grand chevêtre, la fixation d’un cadre en bois sur la charpente existante permettra de sectionner ponctuellement les pannes tout en maintenant la solidité et le contreventement de l’ouvrage. Respectant les gabarits autoroutiers, chaque module de l’extension pourra être livré d’une seule pièce par camion puis fixé sur le support prévu à cet effet.

Tels de grands « chiens-assis » présentant un toit plat à la pente inversée par rapport à la toiture, ces « lucarnes retroussées » ou plus communément appelées « Demoiselles » seront personnalisées à souhait par le choix du bardage (zinc à joint debout, bardeaux de bois, panneaux composites, polycarbonate, etc.) ou encore par le nombre et la forme de leurs ouvertures. Marqueurs de la superposition de deux époques, ces objets insolites pourront ainsi rythmer fièrement le nouveau profil des rues sarthoises.




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///Schémas d'usages et modes d'habiter.




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///Vue en plan et coupe sur un module.




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///Principe d'installation.




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///Maquette des demoiselles.




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///Exposition "demain, j'élève le haut!" au HANGAR CREALAB au Mans.




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///Remise de la mention d'Honneur à l'équipe.